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Alain Giresse met en garde le Sénégal : « Ce qu’il faut éviter contre l’Égypte, c’est qu’ils marquent les premiers »

Comment voyez vous les remakes que le Sénégal va livrer le 25 Mars contre les Égyptiens qui nous attendent de pied ferme ?

 

 

 

 

Certainement comme la finale au Cameroun, ils ne vont pas être offensifs… Je ne crois pas. Ils vont plus jouer sur la faute de l’équipe adverse que plutôt eux créer des situations et du jeu. Mais, Salah à domicile, il faut faire attention à lui. On va retrouver le même principe de jeu dans cette équipe, le même schéma de jeu: c’est à dire très solide, très engagée et difficile à manier. C’est un problème de trouver des solutions face à eux.

 

 

 

Pour moi, il y a deux matchs (aller et retour): le premier, il faut une équipe sénégalaise très engagée, déterminée, lucide avec beaucoup de sang froid. S’il est possible de marquer il faut le faire et ce sera une bonne chose. Et le deuxième match, c’est là où il y aura la différence, il faut une équipe totalement engagée pour marquer les buts pour se qualifier avec une intelligence de jeu et ne pas se livrer. Il faudra prendre le jeu à son compte, tout en se préservant. Si vous prenez le match nul de la finale au Cameroun, cela veut dire que le match à Dakar, il faudra le gagner. Cela veut dire ce que ça veut dire. Vous comprenez ! Il faut le gagner. Gagner, c’est mieux que d’aller aux penaltys. Il faut cette possibilité à déstabiliser cette équipe égyptienne. A mon avis, il y aura deux types de matchs.

 

 

 

Les Égyptiens savent souffrir, subir et attendre l’adversaire. Ils sont forts dans la constance…

 

 

 

 

Pour gagner des matchs, il faut marquer des buts. Passer son temps à attendre et subir: Ok. Et puis attendre la faute de l’adversaire, on peut marquer un but. Ce qu’il faut éviter contre l’Égypte, c’est qu’ils marquent les premiers. Il vaut mieux marquer contre eux en premier que l’inverse. Sinon, après c’est difficile, ils vont renforcer leur système défensif. Cela ne va pas être un match simple. Dans l’absolu, physiologiquement, le Sénégal est sorti vainqueur car il a le titre. On a vu la déception des Égyptiens, Salah qui pleurait. Donc, il va y avoir un sentiment de revanche à travers ces qualifications. Il ne faut pas s’imaginer le Sénégal gagner la CAN et que cela va affecter l’Égypte, non. Au Cameroun, cela s’est joué sur penaltys. Personne n’a marqué de but. La finale s’est disputée âprement et cela va se reproduire. L’équipe n’est pas une équipe facile à jouer.

 

 

 

On a vu Gabaski, le gardien égyptien, se permettre de dire qu’ils vont obliger le Sénégal à regarder la coupe du monde à la télé. C’est du culot quand même !

 

 

 

 

Il peut raconter ce qu’il veut. C’est un bon gardien. Il fait de bonnes choses. On ne gagne pas un match en parlant, on gagne un match en jouant. Il faut lui rappeler cela.

 

 

 

Il n’est pas le seul leur coach Carlos Queiroz a demandé à tous ses joueurs d’être présents contre le Sénégal. Ils nous attendent…

 

 

 

Bien sûr ! Il ne faut pas s’imaginer que l’Égypte va dire : « Oh mon Dieu, on joue contre les champions d’Afrique. Oh la la, ça va être difficile. » Pas du tout, ils ne vont pas arriver en victimes. Le Sénégal ne va pas avoir des victimes de la finale de la coupe d’Afrique.

 

 

Le Sénégal va avoir quoi en face?

 

 

Il va avoir des joueurs décidés à aller en coupe du monde, à se rattraper de la finale du titre perdue. Quelque part, c’est une opportunité pour eux de se racheter de ce qu’ils n’ont pas pu avoir, c’est à dire le titre. Par exemple, entre Cameroun/Algérie, c’est différent. L’Algerie a raté sa Can, le Cameroun a fini 3eme mais ce n’est pas l’un et l’autre qui se sont fait éliminer. Les Égyptiens ont la possibilité de se rattraper de la CAN, c’est un challenge énorme. Vous avez connu cette équipe, quelles sont ses faiblesses ? Sur le plan offensif, elle est moins performante que sa capacité à défendre et à faire bloc. Le Sénégal a eu des occasions, le potentiel offensif des lions est supérieur à celui de l’Égypte. En créant du jeu, on peut déstabiliser cette équipe. C’est une équipe solide, qui manque de vitesse et de vivacité. Et face à des joueurs sénégalais qui percutent, cela va leur poser des problèmes. On aura besoin de tout cela à Dakar.

 

 

Parlez nous du sélectionneur Carlos Queiroz, il est très expérimenté, il sait comment façonner ses locaux.

 

 

 

Il a été adjoint de Ferguson. Avec l’Égypte, il a construit une équipe. Mais est-ce qu’il a construit une équipe comme il voulait en fonction des joueurs qu’il a sous la main ? En tout cas, il en a fait une équipe compétitive, performante, solide qui s’appuie sur le collectif avec des joueurs de l’équipe dans le sens où on défend d’abord avant d’attaquer. Quand on regarde cette équipe, elle ne prend pas le jeu à son compte. Ce n’est pas un jeu tourné vers l’offensive.

 

 

 

Le coaching sera déterminant dans ce match. Carlos annonce 9 expatriés pour renforcer ses locaux. A la CAN, ils étaient venus avec seulement 5 expatriés.

 

 

 

Si on compare le potentiel des deux équipes par rapport aux joueurs, c’est en faveur du Sénégal. Citez moi ces expatriés ? Les joueurs qui vont venir n’ont pas la même renommée que les sénégalais. Il y a des joueurs de valeurs au Sénégal. Vous avez des joueurs qui sont au Bayern, à Paris, Naples, Leceister, Crystal Palace, Liverpool et le gardien de Chelsea. Je vais regarder les deux matchs, c’est une belle affiche. Le football est terrible. Il y a cette peur de manquer la Coupe du monde et vous l’avez dit, il n’y a pas une compétition aussi importante que la coupe du monde… Oui, c’est regrettable de manquer une coupe du monde renseigne Alain Giresse dans les colonnes du quotidien stades repris par la rédaction de Seneposte.

 

 

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