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Amiens SC : Sauf retournement de situation, Aliou Badji ne rejoindra pas Auxerre!

 

Sauf retournement de situation, Aliou Badji ne rejoindra pas Auxerre d’ici le 1er septembre, date de clôture du marché des transferts. Et pour cause, le club icaunais vient d’abandonner cette piste en recrutant Mbaye Niang, son plan B initial. Reste désormais à savoir comment l’Amiens SC va s’extirper de ce dossier épineux. Décryptage.

 

 

Un mois de négociations pour rien

 

 

Ce 16 août marque un nouvel épisode crucial dans le feuilleton, jusqu’ici sans fin, du transfert d’Aliou Badji. Alors que l’Amiens SC négocie bec et ongles avec l’AJ Auxerre depuis maintenant un mois pour le transfert de son attaquant sénégalais, auteur de treize buts la saison dernière en Ligue 2, le promu a fini par perdre patience et ainsi changer son fusil. Si le club bourguignon en avait fait sa priorité, il ne pouvait plus se permettre de tergiverser sous peine de ne plus disposer de solution de repli performante dans les derniers jours du mercato.

 

 

Après une ultime offensive en fin de semaine dernière, Auxerre a donc jeté son dévolu sur Mbaye Niang, qui s’est engagé pour deux saisons après avoir été libéré de son contrat par les Girondins de Bordeaux. En réclamant cinq millions d’euros pour Aliou Badji, après avoir refusé plusieurs offres dont une dernière avoisinant les quatre millions hors bonus, l’Amiens SC a fini par refermer cette porte de sortie potentielle. Pourtant, les dirigeants amiénois s’étaient préparés à une vente de leur meilleur attaquant, suite à un accord de principe avant même la levée, au printemps dernier, de l’option d’achat assortie à son prêt.

 

 

Une intransigeance qui passe mal

 

 

Dès lors, comment ce transfert programmé de longue date a-t-il pu échouer ? Si l’on en croit Bernard Joannin, c’est à la fois le montant (jugé trop faible) de l’offre formulée par Auxerre et le comportement du joueur, qui a refusé de jouer le week-end dernier à Sochaux, qui expliquent la situation actuelle. Une vision contestée par les proches du joueur, qui évoquent un accord moral bafoué lors des discussions avec Auxerre. A peine l’option d’achat levée, Aliou Badji devait être revendu immédiatement, sans même redisputer le moindre match avec l’Amiens SC, le tout « au prix du marché« . Reste à définir ce prix, qui dépend bien entendu de la demande (le montant voulu par le club) mais aussi des offres (formulés par les prétendants).

 

 

Or, le club picard n’a pas reçu pléthores d’offres pour son attaquant. Si plusieurs formations de l’élite ont supervisé Aliou Badji la saison dernière, de Brest à Montpellier en passant par Strasbourg, seul Auxerre est réellement passé à l’action pour tenter de l’enrôler cet été. Les dirigeants bourguignons essuyaient alors un premier refus peu après le 15 juillet. De quoi pousser le joueur à se mettre en retrait des entraînements collectifs, s’estimant trahi par le board amiénois. Déterminé à aller au bout de l’opération, Auxerre revenait à la charge quelques jours plus tard avec une offre s’approchant des quatre millions d’euros demandés, sans bonus mais avec la possibilité de voir le joueur faire un effort sur ses primes. Une surenchère débouchant sur une nouvelle fin de recevoir de la part de Bernard Joannin.

 

 

Un jeu de poker menteur risqué

 

 

De retour à l’entraînement en tout fin de la première semaine du mois d’août, Aliou Badji espérait alors une issue positive, bien décidé à ne pas revivre une nouvelle saison en Ligue 2 à la fois pour des considérations financières et sportives. S’il avait consenti une baisse de salaire de 60% pour venir se relancer à l’Amiens SC, sur la base d’un salaire annuel initial frôlant le million d’euros en Egypte, il était acquis dès le départ, et ce entre toutes les parties, que cela ne serait que pour une seule et unique saison. Un accord de principe qui remontait même à janvier 2021, lors des premiers échanges entre le club et l’agent du joueur, avec à ce moment-là la possibilité d’arriver dès le mercato hivernal.

 

Sportivement, Aliou Badji voyait aussi d’un bon œil la possibilité de rejoindre une équipe au projet de jeu tourné vers l’offensif, ce qui faisait à ses yeux d’Auxerre le point de chute idéal pour poursuivre sa progression. Surtout, la perspective de jouer en Ligue 1 pour tenter de gagner sa place pour le Mondial au Qatar en novembre prochain représentait une très belle cerise sur le gâteau. Loin d’être sensible à ses arguments, Amiens a été partie prenante du bras de fer qui s’est installé et progressivement durci entre les deux parties. Le tout jusqu’à cette issue du 16 août et la rupture totale des négociations avec Auxerre.

 

 

Une impasse d’ici le 1er septembre ?

 

 

Et si l’actuel septième de Ligue 2 peut se targuer à court terme d’avoir été fort face à la bouderie de son joueur, quels bénéfices va-t-il en tirer sur le moyen et long terme ? A quinze jours de la clôture du marché des transferts, et alors que les candidats à un transfert ne se bousculent pas, l’Amiens SC parviendra-t-il à obtenir les cinq millions demandés ou ne serait-ce que l’équivalent de la dernière offre formulée par Auxerre ? D’ici là, qu’elle va être la gestion au quotidien d’un joueur toujours aussi déterminé à partir ? Après son refus d’aller jouer à Sochaux, Aliou Badji acceptera-t-il de reporter un jour le maillot amiénois et si oui dans quelles dispositions mentales ? Contacté, l’agent du joueur a affirmé qu’il était toujours concentré sur sa quête d’un nouveau club et qu’il communiquerait en détails sur le sujet à l’issue du mercato estival.

 

 

Enfin, la question de la pertinence sportive de ce refus face aux enjeux économiques de ce transfert est plus que jamais prégnante. A force de retarder autant cette opération pour une poignée de milliers d’euros, les dirigeants amiénois ne sont-ils pas en train d’hypothéquer la saison en cours en prenant le risque de ne pas réussir à remplacer qualitativement Aliou Badji, dans l’optique où ce dernier finissait par partir d’ici le 1er septembre ? Par le passé, Amiens semblait être sorti renforcé de son refus de vendre Prince Gouano à Anderlecht en août 2018. Là aussi, le joueur s’était mis à l’écart pour forcer son départ. Et si les deux parties avaient fini par recoller les morceaux, l’opportunité de réaliser une vente-record (ndlr : 8 millions d’euros) ne s’était plus jamais représentée.

 

 

Et si sportivement l’Amiens SC réalise un début de saison tout à fait encourageant avec deux victoires en trois rencontres, Philippe Hinschberger traverse tout de même le mois d’août avec une grosse épine dans le pied.  Et qu’en sera-t-il si Aliou Badji est toujours dans l’effectif le 2 septembre au matin ? Cette ultime question, il est plus que jamais temps de se la poser et surtout à Bernard Joannin et John Williams d’y apporter une réponse au plus vite.

 

 

 

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