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Gestion – Inauguration du Stade Abdoulaye Wade : Après la fête, le grand défi de la maintenance !

Le chef de l’Etat tient à la bonne maintenance de nos infrastructures sportives. Mardi, lors de la cérémonie d’inauguration du Stade Abdoulaye Wade, Macky Sall l’a réaffirmé et lancé un appel aux Sénégalais pour un bon entretien de ce bijou de 155 milliards Cfa. La situation actuelle de l’Arène nationale devrait faire réfléchir…

 

Par Hyacinthe DIANDY – Dans sa prise de parole, à l’occasion de l’inauguration en grande pompe du Stade Abdoulaye Wade, le chef de l’Etat, tout en réaffirmant la volonté de son gouvernement de poursuivre la réhabilitation des infrastructures sportives, a lancé un appel aux Sénégalais pour qu’ils prennent soin de ce nouveau temple de notre football, «l’un des plus beaux stades d’Afrique». Une manière pour Macky Sall de remettre au goût du jour le débat récurrent sur l’entretien de nos infrastructures sportives.

 

 

L’Arène nationale, la honte !
Normal, quand on inaugure un stade d’un coût de plus de 150 milliards Cfa, avec salon présidentiel, 40 loges Vip, 855 m² de musée, un parc solaire de 5000 panneaux, des stations d’épuration, 923 places de parking extérieur, 4 vestiaires, une salle de conférence de presse de 280 places et quatre studios de télévision et autres commodités, on doit forcément penser à une maintenance pointue. D’autant plus qu’au Sénégal, les faits ont démontré que la gestion des infrastructures sportives en particulier est loin d’être une chose qu’on maîtrise chez nous.

 

 

Le Dakar Aréna résiste… pour le moment
On peut citer en exemple le stade Léopold Sédar Senghor qui a souffert pendant des années d’un manque d’entretien et qui est en voie de réhabilitation.
Mais la vraie honte c’est l’Arène nationale de lutte. Voilà un complexe d’un coût de plus de 30 milliards Cfa, inauguré seulement en 2018, et qui n’est pas beau à voir présentement.
Au-delà des saccages récurrents des sièges par les supporters des lutteurs, c’est pire dans les autres endroits dudit complexe. Par contre, le Dakar Aréna, sous la direction de la Sogip, résiste… pour le mo­ment.

 

 

 

Les alertes de Macky doivent être suivies d’actes concrets
Mais il faut noter que le président de la République n’a pas cessé d’alerter et de donner des pistes de réflexion pour une bonne maintenance de nos infrastructures sportives.
Il y a un an, lors du Conseil des ministres du mercredi 17 février 2021, Macky Sall s’était prononcé sur le sujet. «Le président de la République demande au ministre des Sports, en relation avec les ministres en charge des Finances et des Partenariats publics-privés (Ppp), de lui proposer un modèle de gestion des infrastructures sportives réalisées par l’Etat, avec un cahier des charges pour l’exploitant, garantissant la maintenance durable et la rentabilisation des édifices», a-t-on lu dans le communiqué d’alors signé par le ministre porte-parole du gouvernement, Oumar Guèye.

 

«Maintenance durable» et «rentabilisation». Ce sont donc les deux mots-clés qui sautent aux yeux, à la lecture de la déclaration du chef de l’Etat. Mais depuis rien de concret. A l’image de l’Arène nationale, déjà dans un état de délabrement avancé, gérée par le ministère des Sports et qui est toujours sans directeur.

 

Une telle situation peut inquiéter quand on pense au Stade Abdoulaye Wade dont l’entretien, selon le Directeur général de la Société de gestion des infrastructures publiques dans les pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (Sogip), est estimé à plus de 800 millions Cfa. Et justement pour la gestion de ce complexe de 50 000 places, M. Gallo Ba parle d’une «structure privée».

 

 

Où en est-on avec l’Office national de gestion des infrastructures sportives ?
D’où la question : où en est-on avec le projet de création de l’Office national de gestion des infrastructures sportives ? Une structure agitée depuis maintenant près de trois ans.

 

En effet, en novembre 2019, le directeur des Infrastructures du ministère des Sports, Cheikh Ahmed Tidiane Sarr, avait annoncé à la presse, la signature imminente «d’un décret présidentiel, dans le but de rendre autonomes les stades de grande envergure du Sénégal. L’objectif visé par l’Etat étant d’apporter des solutions définitives aux problèmes de maintenance et d’entretien de ces infrastructures sportives. Et cela passera par la dotation d’un statut particulier aux stades nationaux», comme Léopold Sédar Sen­ghor, l’Arène nationale, Dakar Aréna, Stade Abdoulaye Wade, entre autres.

 

 

M. Sarr s’est voulu rassurant en ajoutant : «Le décret est en circulation. Il va être signé bientôt par le chef de l’Etat. Après la signature, les stades Léopold Sédar Senghor, Dakar Aréna et l’Arène nationale vont disposer d’un Directeur général, d’un Conseil d’administration où tous les acteurs concernés seront impliqués.»
Mais depuis, on attend toujours !
hdiandy@lequotidien.sn

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