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Interview de Mohamed Sissoko : « Si Aliou Cissé est parvenu à réussir à la tête du Sénégal… »

Pour l’ancien international malien Mohamed Lamine Sissoko alias « Momo », qui a évolué à Valence, Liverpool, Juventus ou encore au PSG, la participation des Aigles du Mali à la 33ème Coupe d’Afrique des Nations au Cameroun a été un échec total. Mais, il estime que la FEMAFOOT et le sélectionneur Mohamed Magassouba devraient en tirer les leçons, en vue des prochaines sorties de l’équipe nationale, au mois de mars, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde face à la Tunisie. Pour lui, les anciens joueurs peuvent également apporter leur expérience professionnelle, pour permettre au Mali de se qualifier au Mondial Qatar 2022.

Entretien

 

 

Quel bilan tirez-vous de la participation des Aigles du Mali à la phase finale de la 33ème  Coupe d’Afrique des Nations, qui vient de se terminer au Cameroun ?

Pour moi, c’est une grande tristesse, si on regarde notre parcours dans cette compétition. On s’est comporté comme un patron dans les matchs de poules (2 victoires, 1 nul), avant de se faire éliminer en huitièmes de finale par la Guinée Equatoriale (0-0, tab 6-5). Il faut traduire cela comme un gros échec, une catastrophe, car cette équipe avait des arguments solides pour faire encore mieux dans cette compétition. Maintenant, il faut tirer les enseignements qu’il faut, pour les prochaines sorties de l’équipe nationale.

 

 

Le Mali n’a pas été également très dangereux sur le plan offensif, avec un seul but marqué dans le jeu et les trois autres sur pénalty…

On remet la faute à l’attaque et du fait qu’Ibrahima Koné n’a pas été alimenté comme il faut. Je pense que nous devrions revoir l’animation offensive, pour servir au mieux nos attaquants. Je pense que Koné n’a pas eu d’occasions vraiment franches, mais il a pris ses responsabilités, en tirant les trois penaltys pour les marquer. Je le félicite pour ça et je sais que c’est un bon attaquant. Je lui tire le chapeau. Maintenant, je pense qu’on peut également faire revenir certains joueurs expérimentés comme Moussa Maréga, Abdoulaye Diaby…, qui peuvent marquer des buts. Il faut essayer de les convaincre de rejoindre les autres, au lieu de parler encore de Moussa Dembélé ou encore d’Alassane Plea.

Pensez-vous que le coaching de Mohamed Magassouba a été à la hauteur des évènements ?

Il a fait de bonnes et de mauvaises choses. Le critiquer par rapport à ses choix ou son système de jeu, chacun est libre. Mais, je pense ça été un échec et c’est désormais à la Fédération de tirer le bilan de cette participation des Aigles à la phase finale de la 33ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations. Il convient également à Mohamed Magassouba d’en faire autant, pour ne pas reproduire les mêmes erreurs que l’équipe a eu à faire dans cette compétition, ce qui a été une déception à mon point de vue. L’équipe avait les potentialités pour aller encore plus loin dans cette CAN.

 

 

On a parlé de renforcer le staff technique en vue des prochaines sorties de l’équipe. Les noms de Frédéric Kanouté, Cédric Kanté, Seydou Keïta, Sékou Éric Chelle ou encore Mohamed Lamine Sissoko ont été cités. Selon vous, quel pourrait être l’apport des anciens dans ce staff technique des Aigles ?

L’apport des anciens, je ne sais pas. C’est vraiment dommage, après cette mésaventure au Cameroun, mais je pense que tous les anciens joueurs ont quelque chose à apporter à cette jeune équipe, car ils ont leur expérience qu’ils peuvent bien partager. Moi, je ne suis pas technicien, mais chacun devrait apporter sa pierre à l’édifice, pour la bonne organisation. Quand vous regardez la victoire du Sénégal, les anciens étaient nombreux dernière cette équipe : les El Hadj Diouf, Khalilou Fadiga, Diomansy Kamara…, ils ont apporté leurs expériences des grandes compétitions. Chacun des anciens a contribué à ce succès.

 

 

On a récemment évoqué le nom de Sékou Éric Chelle, qui serait le seul technicien malien en dehors de Mohammed Magassouba à détenir le diplôme Pro A. Pensez-vous qu’il a déjà l’étoffe pour prendre cette sélection malienne ?

Il est légitime. Si Aliou Cissé est parvenu à réussir à la tête du Sénégal, Sékou Éric Chelle peut aussi le faire avec le Mali. Le plus important aujourd’hui n’est pas de limoger le sélectionneur Mohamed Magassouba, car nous avons deux matchs historiques et très importants dans un mois. Ce serait une mauvaise chose de vouloir changer présentement de sélectionneur. Il faut s’appuyer sur Mohamed Magassouba et l’aider à pouvoir qualifier l’équipe pour la prochaine Coupe du monde des Nations Qatar 2022. Ce qui serait déjà historique pour notre pays. Il est aujourd’hui l’homme de la situation et à lui de relever ce défi.

 

 

 

Comment voyez-vous cette double confrontation face à la Tunisie. N’est-ce pas de grandes retrouvailles après la dernière Coupe d’Afrique des Nations ?

Difficile, clairement. À nous de bien gérer l’émotion et la pression. J’insiste auprès de tous les Maliens, que j’invite à sortir massivement pour venir soutenir cette équipe à l’aller, à Bamako, comme ils ne l’ont jamais fait. Nous aurons besoin du soutien et des bénédictions des Maliens de par le monde. Cette qualification serait historique pour tous les Maliens, malgré toute la tristesse. Tous ensemble, serrons-nous les coudes et allons pousser notre sélection à la qualification en phase finale de la Coupe du monde Qatar 2022.

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