A LA UNESENEGAL

L’émouvant témoignage d’un ancien international sur Peter Schnittger….

Ancien international avec plus de 35 sélections, Moussa Badiane est adjoint au trésorier de l’amicale des anciens internationaux. Il défend les anciens internationaux afin que l’état ait plus de reconnaissance envers eux.

 

 

 

Parlez-nous de la situation de vos pairs?

 

Pour assister à un match au Sénégal, on doit acheter des billets. On doit tous avoir des cartes qui nous permettent d’accéder au stade. Le ministère des sports et la Fsf doivent nous aider en ce sens. Certains ont des cartes d’autres rien. J’ai ma carte depuis 1992. Pis, souvent même avec nos cartes, on vient au stade, on nous fait savoir que cette carte n’est pas valable pour aujourd’hui.

 

 

 

Or dans cette carte, il est bien inscrit : valable pour toutes manifestations internationales dans le cadre national. Je ne parle même pas de football même pour les autres disciplines nos cartes sont valables mais on nous fait traîner dehors. Comment peut-on se présenter au stade et qu’on nous renvoie.

 

 

 

C’est un problème de respect?

 

 

 

Plutôt un problème d’organisation. Le ministère et la Fsf doivent se pencher sur ce problème. Comme anciens internationaux, on a beaucoup œuvre pour le football à des moments très difficiles. Nous étions les bâtisseurs et durant notre génération quand on était en regroupement à Thiès, on percevait 2500 Fcfa par jour en 1994. On entrait en regroupement lundi, mardi, mercredi.

 

 

 

Libérés le jeudi soir, c’est en rentrant qu’on nous remet 12 500 Fcfa. On avait 2 séances d’entraînement par jour. Les primes de match étaient fixés à 50 000 Fcfa. Aujourd’hui, c’est 2 millions et le coach obtient le double. J’ai joué des matchs de qualification en coupe d’Afrique et coupe du monde et c’était le montant qu’on recevait.

 

 

 

On voyageait deux jours pour aller jouer un match, des escales à n’en plus finir jusqu’à avoir mal aux jambes. Certains joueurs payaient leurs billets pour venir en sélection. Aujourd’hui, les choses ont changé donc on ne doit pas oublier les anciens. On était les pionniers.

 

 

 

On avait un seul maillot à porter avec lequel on s’entraînait le matin. On le lavait pour pouvoir s’entraîner le soir. On a tout supporté et tout donné pour l’équipe nationale. Peter Schnittger, ancien sélectionneur, nous invitait chez lui pour déguster des collations. Pour lui, la complicité (doit s’installer entre joueurs et coach. Il nous intégrait dans sa famille. C’est le seul entraîneur dont les joueurs osent aller chez lui. Il nous a toujours ouvert ses portes. Il nous gâtait de friendises.

                                                           

 

 

On comprend votre cri de cœur, mais tout peut changer…

 

 

 

Je vous raconte une anecdote, on avait joué contre l’équipe de France en 93, il y avait Didier Deschamps, Laurent Blanc. Toutes les légendes françaises étaient présentes, après le match Thierno Seydi m’a contacté pour m’informer que Raymond Domenech veut discuter avec moi, il a besoin de moi. Il voulait me rencontrer avec mon Président Ameth Ndoye(paix à son âme) pour signer un contrat de 04 ans avec Lyon.

 

 

 

Durant cette période, on devait jouer Sénégal/Gabon pour les éliminatoires de la coupe du monde. La Fsf m’a demandé de rester pour jouer ce match, ce que j’ai accepté. Après une semaine, ironie du sort, on a renvoyé Raymond Domenech pour le faire remplacer par Amadou Tirana. Cela veut dire que si j’avais laissé le match contre le Gabon pour aller signer à Lyon avec Domenech, j’allais aujourd’hui être un ancien Lyonnais. Et je ne le regrette pas, j’ai fait un sacrifice pour mon pays. C’est pourquoi on doit nous respecter. C’est un problème de reconnaissance.

 

 

 

J’interpelle le Président de la République car dans certains pays, les anciens internationaux touchent des salaires et ont des avantages, ce n’est pas le cas chez nous. Il y a beaucoup d’anciens qui ont des problèmes. Le Président Cheikh Seck les aide beaucoup.

 

 

 

Il est quasiment le seul à mettre la main à la poche. C’est lui qui fait tout, est ce que cela suffit pour régler vos problèmes ?

 

 

 

Cheikh Seck fait de son mieux, tabaski, korite, il soigne les malades, il est là…

 

 

 

 

 

C’est le social, est-ce qu’il n’y a pas moyen de contourner cette situation de dépendance ? C’est toujours la même situation que vous vivez alors que vous êtes une force silencieuse. Vous l’avez dit dans certains pays, les anciens internationaux ont des salaires…

 

 

 

Cela ne peut pas continuer. On a formé un bureau. On est des ambassadeurs, on doit nous traiter comme tels. On a joué l’hymne national pour nous. La preuve, ceux là qui nous dirigent, on n’a pas joué l’hymne national pour eux à part Cheikh Seck, Amara Traoré. Le 04 avril les anciens combattants défilent, et nous? Je me demande qu’est-ce qu’on représente dans ce pays.

 

 

 

Vous pouvez obtenir tout ce que vous voulez au Sénégal, seulement vous ne demandez rien…

 

 

 

On est entrain de s’organiser mais en premier lieu, l’Etat doit nous appuyer. Depuis 63, c’est nous. Le football n’a pas commencé en 2002, non. On a tous porté le maillot national. Aujourd’hui, je rends au football tout ce qu’il m’a donné, je n’attends rien et on ne me donne rien renseigne le quotidien stades repris par seneposte.

 

Commentaires Facebook

Articles du même type

Close